08 août 2007

Eric GUIRADO

LOUANGE 4

Le quinze août est sorti le deuxième film de ce réalisateur sensiblement talentueux, le Fils de l'Epicier.
Allez-y les yeux fermés... pour mieux vous laisser éblouir lorsque vous recouvrerez la vue dans la salle obscure.

Occasion de voir ou revoir son premier long métrage : Quand tu descendras du ciel

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Poésie des jours de pluie et des lutins enchaperonnés de rouge à l’avant d’un bus.
Capter les visages avec la lumière et l’angle vrais,
laisser s’infiltrer le doute par le truchement d’une cabine téléphonique,
de plus en plus noire, de plus en plus lointaine.
Filmer un rideau de plastique d’entrepôt comme le Miroir d’Alice.
Tels sont quelques uns des talents d'Eric Guirado qui signait là son premier long métrage...

Récit initiatique d’une sorte de poussin, dont le duvet n’aurait pas cédé toute la place au plumage imperméable du coq, qui vient à la ville avec la terre de sa campagne bien accrochée à la semelle de ses chaussures.
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Les rafles.
Les rafles de ceux qu’on ne veut pas voir, de ceux qui encombrent.
Les clochards de nos villes, qui peuvent être nos fils ou nos parents évidemment.
Mais aussi ceux du voyage. Les indésirables...
Ce regard à l’arrière de la camionnette de tous les déportés du monde.
Et dans la musique à ce moment-là, en filigrane, jamais souligné, comprend qui peut,
un tac-tac tac-tac tac-tac qui sonne étrangement comme un bruit de train.

Et cette scène terrible des étiquettes.
Les étiquettes qu’on accepte qu’on nous colle, pour être 'en société'.
Pour l’amour. De l’autre.
Et pour tenter de partager.
Croire que l’on peut troquer notre intime contre un regard, une possibilité d’échange, de reconnaissance.
Ces étiquettes qui nous font souffrir au-delà de ce que nous nous croyons capables d’endurer.

Le trouble jeu des apparences.
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Et le regard.
Celui qui regarde le monde à travers ce petit bocal, son objectif. Son subjectif.
Qui a sa vision, son univers, celui qui reconstruit le monde à l’aune de ses yeux.
Avec le cadre de sa sensibilité.

Et évidemment, le traineau-tracteur...
La puissance et la légèreté.
Le monstre de ferraille fouille dans la terre qui donne le sens.

La poésie d’être soi.
Aux commandes. Et qui rassemble.
Finir son premier long métrage sur un tracteur !

Le poids de ceux que l’on traîne, qu’on n’a pas choisis et qui font de nous ce que nous sommes.
Que nous emportons avec nous et notre bonheur est de les rendre heureux.

ViV