01 septembre 2007
Marche au bord de mes larmes
SENSATION 6
Vous savez, je ne sais pas si je peux revenir. Parmi vous.
Partie. Je suis loin.
J’observe. Je suis seule. Seule.
J’ai oublié la langue des autres humains. Je ne sais plus vous parler.
Il me reste les mots, tous les mots. Mais je les aime pour eux désormais.
Je ne les utilise plus, ils ne sont plus un vecteur, un outil qu’on manipule complaisamment,
sans y penser, pour être efficace, juste parce qu’on le peut.
Je ne les polis plus pour les mettre dans ma bouche.
Je les tisse pour les frapper, je les libère pour la pointe sèche du critérium,
je les arme pour le clavier de l’ordinateur.
Les mots de moi.
Ils m’emmènent.
Ils me coulent, ils m’enroulent, ils me mangent.
Je suis loin.
Parfois, je pense encore qu’il me faut revenir.
Mais cette vie, cette vie agitée,
cette vie, je sais trop le goût qu’elle a.
Cette vie parmi vous tous, je n’y tiens plus.
Je souffre d’être hors de vous.
Je souffre mais cela est juste.
Enfermée dehors, je suis.
En vérité, ce n’est pas nouveau.
Ainsi suis-je née.
Tout le reste,
toutes ces années n’étaient que faux-semblants.
Assez donné le change, je n’ai plus de pièces.
Plus rien à troquer. Plus rien à monnayer.
Plus d’échange. Je suis fauchée.
Parfois on sonne à la porte.
Je sais que ce n’est pas pour moi.
Je ne réponds pas.
Je n’y suis pas.
Je n’y suis plus.
ViV
11:55 Publié dans Voyages Immobiles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ecrire, ecriture, litterature, emotion, sensation, photo, ViV



Commentaires
... vos beautés fânées sont si belles
Ecrit par : sylvie lauzel | 09 septembre 2007
Les commentaires sont fermés.