17 mars 2008
Vivant comme le désir
Cet amour
Si violent
Si fragile
Si tendre
Si désespéré
Cet amour
Beau comme le jour
Et mauvais comme le temps
Quand le temps est mauvais
Cet amour si vrai
Cet amour si beau
Si heureux
Si joyeux
Et si dérisoire
Tremblant de peur comme un enfant dans le noir
Et si sûr de lui
Comme un homme tranquille au millieu de la nuit
Cet amour qui faisait peur aux autres
Qui les faisait parler
Qui les faisait blêmir
Cet amour guetté
Parce que nous le guettions
Traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Parce que nous l’avons traqué blessé piétiné achevé nié oublié
Cet amour tout entier
Si vivant encore
Et tout ensoleillé
C’est le tien
C’est le mien
Celui qui a été
Cette chose toujours nouvelle
Et qui n’a pas changé
Aussi vraie qu’une plante
Aussi tremblante qu’un oiseau
Aussi chaude aussi vivante que l’été
Nous pouvons tous les deux
Aller et revenir
Nous pouvons oublier
Et puis nous rendormir
Nous réveiller souffrir vieillir
Nous endormir encore
Rêver à la mort,
Nous éveiller sourire et rire
Et rajeunir
Notre amour reste là
Têtu comme une bourrique
Vivant comme le désir
Cruel comme la mémoire
Bête comme les regrets
Tendre comme le souvenir
Froid comme le marbre
Beau comme le jour
Fragile comme un enfant
Il nous regarde en souriant
Et il nous parle sans rien dire
Et moi je l’écoute en tremblant
Et je crie
Je crie pour toi
Je crie pour moi
Je te supplie
Pour toi pour moi et pour tous ceux qui s’aiment
Et qui se sont aimés
Oui je lui crie
Pour toi pour moi et pour tous les autres
Que je ne connais pas
Reste là
Lá où tu es
Lá où tu étais autrefois
Reste là
Ne bouge pas
Ne t’en va pas
Nous qui sommes aimés
Nous t’avons oublié
Toi ne nous oublie pas
Nous n’avions que toi sur la terre
Ne nous laisse pas devenir froids
Beaucoup plus loin toujours
Et n’importe où
Donne-nous signe de vie
Beaucoup plus tard au coin d’un bois
Dans la forêt de la mémoire
Surgis soudain
Tends-nous la main
Et sauve-nous.
Jacques Prévert, Paroles
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03 mars 2008
Je Suis Comme Je Suis
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Quand j’ai envie de rire
Oui je ris aux éclats
J’aime celui qui m'aime
Est-ce ma faute à moi
Si ce n’est pas le même
Que j’aime chaque fois
Je suis comme je suis
Je suis faite comme ça
Que voulez-vous de plus
Que voulez-vous de moi
Je suis faite pour plaire
Et n’y puis rien changer
Mes talons sont trop hauts
Ma taille trop cambrée
Mes seins beaucoup trop durs
Et mes yeux trop cernés
Et puis après
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Je suis comme je suis
Je plais à qui je plais
Qu’est-ce que ça peut vous faire
Ce qui m’est arrivé
Oui j’ai aimé quelqu’un
Oui quelqu’un m’a aimé
Comme les enfants qui s’aiment
Simplement savent aimer
Aimer aimer...
Pourquoi me questionner
Je suis là pour vous plaire
Et n’y puis rien changer.
Jacques Prévert, Paroles
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03 décembre 2007
Jean-Luc Lagarce
« Les lieux de l’art nous éloignent de la peur.

Jean-Luc Lagarce
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07 novembre 2007
Etrailleurs
EMOTION 4

Je pense à lui.
Je pense à lui qu’il ne fallait pas toucher.
Je pense à lui qui n’a pas de mots,
je pense à lui qui n’a plus de voix.
Je pense à lui qui ne m’a rien promis,
je pense à lui qui ne m’a rien donné et qui a déjà tout repris.
Je pense à lui
qu’il ne faut pas nommer,
qu'il ne faut pas parler,
qu'il ne faut pas appeler.
ViV
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03 novembre 2007
Droit au Cœur - I
SENSATION 9
Où est mon âme ?

Et toi qui me lis peut-être à l’autre bout du fil arachnéen de la toile, y penses-tu seulement ?
Où est ton âme ?
Cette sphère, dure et noire.
Infime et absolue.
Dense et pure.
Te soucies-tu de la nourrir, la polir, la chérir ?
Ou bien l’oublies-tu négligemment, perdue dans ton corps que tu ne sens plus, qui vit sans que tu y penses, égarée dans le rythme de tes journées où chaque tâche a sa juste place et son juste temps, la durée effective ne devant pas excéder de plus de 15% celle initialement prévue sous peine de vie non calibrée ?
Suite : Droit au Coeur II, III et IV, dans les archives...
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27 octobre 2007
Droit Au Cœur - III
SENSATION 11
Tu fais tout cela et plus encore...
Tu soignes ta coiffure, tu cultives ton look.
Tu assortis tes souliers à ta tenue.
Tu prends garde à ce que les teintes s’accordent harmonieusement entre elles,
tu veux te montrer sous ton meilleur jour.
Tu achètes même des magazines qui t'enseignent ce que c'est que d'être beau cette saison…
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21 octobre 2007
Droit Au Cœur - IV
SENSATION 12
Ton âme, de quels soins l’entoures-tu ?
Ton essence-même, comment la traites-tu ?
Avec quelle crème de jour et de nuit luttes-tu contre son affaissement, contre les fatigues du temps qui la taraudent ?
De quel baume l’oins-tu pour lui éviter les gerçures, les crevasses, les failles ?
De quelle étoffe l’entoures-tu pour la protéger des bourrasques les jours de grand vent ?
De quelle ouate la ceins-tu pour lui éviter les meurtrissures ?
L’écoutes-tu ?

Prends-tu soin de la caresser de mots choisis ?
Lui prodigues-tu l’espace et le temps de rêverie nécessaires à son épanouissement ?
Avec quels murmures la consoles-tu, de quelles mélodies la berces-tu ?
La nourris-tu des voix des sopranes qui élèvent et des mots des poètes qui la polissent ?
Quels chants d’amour et de mort lui chantes-tu pour lui enseigner la puissance de la vie ?
Le cœur de ton être, penses-tu à le traiter avec les égards nécessaires à sa survie ?
ViV
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28 septembre 2007
Vertiges Ascensionnels
SENSATION 8
Ceux qui sont seuls, vers qui marchent-ils ?
Le savent-ils seulement ?

Je pense à fondre, je pense à me dissoudre.
Ma peau est devenue si fine et plus personne ne me voit.
Je suis déjà invisible.
Je sors comme on a rendez-vous.
Je sais qu’il ne faut pas regarder les visages.
Mais moi, je regarde.
Je suis là pour être reconnue.
Pour que quelqu'un sorte de la foule et vienne vers moi.
Je marche lent. Pour lui laisser le temps de se détacher des autres.
Pour qu’il me reconnaisse.
Celui que je sais déjà.
ViV
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16 septembre 2007
Cérémonie Secrète
EMOTION 3

Trente neuf fils de douceur,
Des nonnettes à l’orange
Et le souffle d’une ange.
Talismans protecteurs
Où se lover, rêveur
...
ViV
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01 septembre 2007
Marche au bord de mes larmes
SENSATION 6
Vous savez, je ne sais pas si je peux revenir. Parmi vous.
Partie. Je suis loin.
J’observe. Je suis seule. Seule.
J’ai oublié la langue des autres humains. Je ne sais plus vous parler.
Il me reste les mots, tous les mots. Mais je les aime pour eux désormais.
Je ne les utilise plus, ils ne sont plus un vecteur, un outil qu’on manipule complaisamment,
sans y penser, pour être efficace, juste parce qu’on le peut.
Je ne les polis plus pour les mettre dans ma bouche.
Je les tisse pour les frapper, je les libère pour la pointe sèche du critérium,
je les arme pour le clavier de l’ordinateur.
Les mots de moi.
Ils m’emmènent.
Ils me coulent, ils m’enroulent, ils me mangent.
Je suis loin.
Parfois, je pense encore qu’il me faut revenir.
Mais cette vie, cette vie agitée,
cette vie, je sais trop le goût qu’elle a.
Cette vie parmi vous tous, je n’y tiens plus.
Je souffre d’être hors de vous.
Je souffre mais cela est juste.
Enfermée dehors, je suis.
En vérité, ce n’est pas nouveau.
Ainsi suis-je née.
Tout le reste,
toutes ces années n’étaient que faux-semblants.
Assez donné le change, je n’ai plus de pièces.
Plus rien à troquer. Plus rien à monnayer.
Plus d’échange. Je suis fauchée.
Parfois on sonne à la porte.
Je sais que ce n’est pas pour moi.
Je ne réponds pas.
Je n’y suis pas.
Je n’y suis plus.
ViV
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