21 février 2008
La Folle Allure
« Nous sommes dans cette vie jetés les uns contre les autres. »
Christian BOBIN
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28 septembre 2007
Vertiges Ascensionnels
SENSATION 8
Ceux qui sont seuls, vers qui marchent-ils ?
Le savent-ils seulement ?

Je pense à fondre, je pense à me dissoudre.
Ma peau est devenue si fine et plus personne ne me voit.
Je suis déjà invisible.
Je sors comme on a rendez-vous.
Je sais qu’il ne faut pas regarder les visages.
Mais moi, je regarde.
Je suis là pour être reconnue.
Pour que quelqu'un sorte de la foule et vienne vers moi.
Je marche lent. Pour lui laisser le temps de se détacher des autres.
Pour qu’il me reconnaisse.
Celui que je sais déjà.
ViV
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17 septembre 2007
Résonance Magnétique
SENSATION 7
Pudeur. Impudeur.
Cacher. Masquer. Tenir.
Retenir.
Préserver. Garder. Sauvegarder.
Souvenir. Epargner. Tenir.
Grappiller.
Laisser aller. Lâcher. Fuir.
Montrer. Déchirer. Dépouiller.
Détailler. Cisailler. Dépecer.
Disséquer. Autopsier.
Savoir. Livrer. Délivrer.
Secret. Réservé. Enfoui.
Dentelé. Esquissé.
Douter. Redouter
Savoir. Livrer. Cracher.
Empoisonner.
Ce que je ne sais pas te dire, l’offrir.
Le livrer en pâture.
L’arracher.
M'écarteler.
Lendemain de rien.
Béant.
Ce qui est à moi.
Ce que je ne laisserai pas.
Défendre. Combattre.
Pied à pied.
Bec et ongle.
Territoire.
Tenir.
Citadelle. Tranchée. Forteresse.
Encerclée. Assiégée. Défendue. Livrée.
Ne rien laisser. Emporter.
Ouvrir. Emplir.
Disperser.
Eparpiller.
Oublier
ViV
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01 septembre 2007
Marche au bord de mes larmes
SENSATION 6
Vous savez, je ne sais pas si je peux revenir. Parmi vous.
Partie. Je suis loin.
J’observe. Je suis seule. Seule.
J’ai oublié la langue des autres humains. Je ne sais plus vous parler.
Il me reste les mots, tous les mots. Mais je les aime pour eux désormais.
Je ne les utilise plus, ils ne sont plus un vecteur, un outil qu’on manipule complaisamment,
sans y penser, pour être efficace, juste parce qu’on le peut.
Je ne les polis plus pour les mettre dans ma bouche.
Je les tisse pour les frapper, je les libère pour la pointe sèche du critérium,
je les arme pour le clavier de l’ordinateur.
Les mots de moi.
Ils m’emmènent.
Ils me coulent, ils m’enroulent, ils me mangent.
Je suis loin.
Parfois, je pense encore qu’il me faut revenir.
Mais cette vie, cette vie agitée,
cette vie, je sais trop le goût qu’elle a.
Cette vie parmi vous tous, je n’y tiens plus.
Je souffre d’être hors de vous.
Je souffre mais cela est juste.
Enfermée dehors, je suis.
En vérité, ce n’est pas nouveau.
Ainsi suis-je née.
Tout le reste,
toutes ces années n’étaient que faux-semblants.
Assez donné le change, je n’ai plus de pièces.
Plus rien à troquer. Plus rien à monnayer.
Plus d’échange. Je suis fauchée.
Parfois on sonne à la porte.
Je sais que ce n’est pas pour moi.
Je ne réponds pas.
Je n’y suis pas.
Je n’y suis plus.
ViV
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25 juillet 2007
"... Ce n'est que moi, C'est elle ou moi ..."
LOUANGE 2
J'ai nommé mon blog d'après cette ancienne chanson d'Anne Sylvestre qui a bercé certains moments de passage... Une Sorcière Comme les Autres (1975).
En voici des extraits
"...
Ce n'est que moi, c'est elle ou moi
Celle qui parle ou qui se tait
Celle qui pleure ou qui est gaie
C'est Jeanne d'Arc ou bien Margot
Fille de vague ou de ruisseau
C'est mon cœur ou bien le leur
Et c'est la sœur ou l'inconnue
Celle qui n'est jamais venue
Celle qui est venue trop tard
Fille de rêve ou de hasard

...
Ce n'est que moi c'est elle ou moi
Celle qui aime ou n'aime pas
Celle qui règne ou qui se bat
C'est Joséphine ou la Dupont
Fille de nacre ou de coton
Et c'est mon cœur ou bien le leur
Celle qui attend sur le port
Celle des monuments aux morts
Celle qui danse et qui en meurt
Fille bitume ou fille fleur
...
Ce n'est que moi c'est elle ou moi
Et c'est l'ancêtre ou c'est l'enfant
Celle qui cède ou se défend
C'est Gabrielle ou bien Eva
Fille d'amour ou de combat
C'est mon cœur ou bien le leur
Celle qui est dans son printemps
Celle que personne n'attend
Et c'est la moche ou c'est la belle
Fille de brume ou de plein ciel
..."
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24 juillet 2007
Suzane Vega, La Conteuse de New York City
LOUANGE 1
L'art de peu de mots de Suzanne Vega bâtit des contrées de quelques minutes, singulières et familières à la fois.
La Reine et Le Soldat
La rencontre d'un homme et d'une femme, qui se reconnaissent plus qu’ils ne se croisent - ils se savent l’un l’autre avant de s’être jamais vus - relève d’une alchimie si subtile qu’elle peut tuer.
ViV

« The soldier came knocking upon the queen's door
He said, ‘I am not fighting for you any more’
The queen knew she'd seen his face someplace before
And slowly she let him inside.
He said, ‘I've watched your palace up here on the hill
And I've wondered who's the woman for whom we all kill
But I am leaving tomorrow and you can do what you will
Only first I am asking you why.’
Down in the long narrow hall he was led
Into her rooms with her tapestries red
And she never once took the crown from her head
She asked him there to sit down.
He said, ‘I see you now, and you are so very young
But I've seen more battles lost than I have battles won
And I've got this intuition, says it's all for your fun
And now will you tell me why?’
The young queen, she fixed him with an arrogant eye
She said, ‘You won't understand, and you may as well not try’
But her face was a child's, and he thought she would cry
But she closed herself up like a fan.
And she said, ‘I've swallowed a secret burning thread
It cuts me inside, and often I've bled’
He laid his hand then on top of her head
And he bowed her down to the ground.
‘Tell me how hungry are you? How weak you must feel
As you are living here alone, and you are never revealed
But I won't march again on your battlefield’
And he took her to the window to see.
And the sun, it was gold, though the sky, it was gray
And she wanted more than she ever could say
But she knew how it frightened her, and she turned away
And would not look at his face again.
And he said, ‘I want to live as an honest man
To get all I deserve and to give all I can
And to love a young woman who I don't understand
Your highness, your ways are very strange.’
But the crown, it had fallen, and she thought she would break
And she stood there, ashamed of the way her heart ached
She took him to the doorstep and she asked him to wait
She would only be a moment inside.
Out in the distance her order was heard
And the soldier was killed, still waiting for her word
And while the queen went on strangeling in the solitude she preferred
The battle continued on... »
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22 juillet 2007
So Far, So Close

« (…) nous sommes dans cette vie jetés les uns contre les autres, je pense que le grand art est l’art des distances, trop près on brûle, trop loin on gèle, il faut apprendre à trouver le point exact et s’y tenir, on ne peut l’apprendre qu’à ses dépens, comme tout ce qu’on apprend vraiment, il faut payer pour savoir (…) ».
Christian BOBIN, La Folle Allure
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